Wednesday, November 4, 2009

L'idée refait surface

À chaque 5-6 mois, la même pensée, la même inquiétude. Mon passé de jeune cancéreux revient me hanter comme la psychose des fans des Nordiques. Vivre avec cette maladie là, même 8 ans plus tard, demeure omniprésent; le tatoo de mon subconscient. Ça subsiste dans le fond de mon mwé-même pendant un boute, et de temps en temps, je vois l’idée remonter à la surface tel un corps mort de contracteur flottant gaiement dans l’Saint-Laurent (et qu’on ira repêcher plus tard - y’a pas de presse puisque c’est juste un contracteur). Et pis non, je n’ai pas besoin de thérapie, merci beaucoup de votre considération.

Je pense que cette fois-ci, c’est la faute à Dr. Reckeweg.

J’étais chez un de mes amis l’autre jour et je lui ai parlé de mon mal de gorge. Cela faisait un bon 3 semaines que j’avais c’te mal. Tsé, le brulement irrité genre outch quand on avale. Un vrai bon mal de gorge. Ça. Pendant. Trois. Semaines. Tanné. En. Osti.

Donc, j’suis assis à sa table de cuisine pis on jase, mais ça ne semble pas s’améliorer c’te soir là. Je me plain que j’ai mal à la gorge quand j’avale et il me répond: « Essaye Reckeweg homeopathique, ça marche ».

Bon. Déjà que je n’ai jamais été vraiment convaincu de l’efficacité de la médecine à base de gazon et autres boute de haie et branches d’arbres, mais depuis que je vois Mister CEO Chairman de Glaxo avec le cul plein d’marde qui promet des doses de vaccins pour tout le monde et qu’y nous chie dans’mitte, je, comme dirait l’autre, perd confiance.

Faque met les tite gouttes de R45 Dr. Reckeweg dans un verre d’eau et shwoup.

J’ai fait ça aux 4 heures pendant 48 heures. Résultat, pus de mal de gorge. Finnito le mal de gorge. That’s it, that’s all, on passe à un autre appel.

Fin de l’histoire - Ben nooooh...

Le troisième jour, l’idée me remonte en surface. Encore. Mais cette fois là, c’est pas psychosomatique, c’est pas juste entre mes deux petites oreilles hyper-affutées. J’ai comme une sensibilité. Un inconfort... C’est buggant, mais c’est pas trop grave, j’vais vivre avec, c’est pas la première fois.


Le lendemain, ce n’est plus pantoute la même affaire. Ça fait mal pour vrai. La cloche sonne fort et ça urge. 811 Madame info santé allo, j’ai de la misère à me tenir deboute. Et là, tout ce que je pense: mon cancer est revenu, mon cancer est revenu. Criss de calvaire, j’pensais que j’en avais finni de c’te maudite aff.... Tsé, en tout cas... Donc, je pogne mes clefs et la rocket Corolla fly sur Boul. Hymus en direction de l’urgence.

Une heure et demi d’attente dans la super sale d’attente du Lakeshore Hopital (ce qui est quand même pas si tant pire) et ça dit mon nom dans le merveilleux speaker qui griche que l’yabe (ben là, on n’peut pas toute avoir) mal vissé dans l’plafond. Déshabille, enfile la petite jaquette couleur aqua mega-viril, et prend le soin de bien déposer mon linge, mon porte-feuille et mes clefs juste à côté de ma dignité. Le doc rentre, check tout ça, me dit qu’il faut paser une écho et m’envoie au département de radio. Attend quelques minutes, la petite madame vient me chercher, couche sur la table, shoot le lubrifiant tellement frette que j‘ai l‘impression qu‘il garde la bouteille dans un fridge et qu‘il la sorte juste avant qu‘on arrive, me passe la machine à échographie, « les résultats vont retourner à l’urgence donc, vous devez retournez là », débarque de sur la table, beu-bye.

De retour à l’urgence, je me suis rassit dans le nuage de contamination 10-15 minutes. On dit mon nom donc, je part revoir le doc.

- Excellente nouvelles, vous n’avez rien!

- Comment ça je n’ai rien?

- Vous n’avez rien monsieur. Pas de cancer, rien.


- Rien?

- Rien. Vous êtes en pleine santé.

- Eh ben!

- J’ai vérifié avec la radiologue et tout est beau.

Mais là, j’sais pas trop comment lui dire ça...

- Mais heuuu, j’ai encore mal...

Pas d’explications, fuck-all.


Bon ok oui, je n’ai pas plus de cancer qu’avant, mais va falloir que je vive avec c’te mal là. J’espérait pas vivre avec ça pendant un an, que ça passerait assez vite.

J’peux pas décrire ma démarche pour me rendre à l’ouvrage le lendemain, mais disons juste que ça m’a prit le double du temps.

Trois jours plus tard, good news, presque plus de mal. Pratiquement plus rien. Et c’est là que ça m’a frappé. Reckeweg! Je n’ai jamais eu c’te genre de mal là de ma vie et je n’ai jamais pris de ce stuff là de ma vie; et les 2 dans le même 72 heures. 1 + 1. Je ne vois pas autre chose...

Finalement, ça a prit un produit homéopathique à base de gazon pis de branche d’arbres pour me remonter en surface l’idée que j’peux crever là, maintenant, à tout instant et tant qu’a tapper des niaiseries dans un blog, j’devrais passer plus de temps avec poupo; demain, j'pourrais ne plus être là...

6 comments:

Pavot d 'Orient said...

chu pas psy, chu pas doc...j'veux juste te dire que chu ben contente que tu ailles mieux!!!!

Mélanie
xx

Anik et Daniel said...

Allo Mathieu,

Quel épisode. Ouach.
En tout cas, intéressant à lire. Merci pour cette tranche de vie. Tu racontes bien les choses.

Alors la prochaine fois l'herbe, tu vas la fumer au lieu de la boire ? Achète en feuilles au lieu d'en gouttes. :-)

Contente que tu ailles bien.

Prends soin de toi et prends du bon temps avec ta gang, pis aussi du temps pour réécrire, c'est trop bon !

Anik

Femme Charmante said...

Je me demande parfois comment les gens qui ont eu un cancer font pour ne pas être empoisonnés par l'inquiétude et ne pas ressentir la panique au moindre petit bobo!!! Je vois que l'inquiétude ne sommeil pas très loin et que le bouton panique s'active rapidemant finalement... Ça ne doit pas être évident tout ça et encore pire depuis que tu es papa...

Ta prise de conscience de passer plus de temps avec Poupou est bonne pour tout le monde... Personne ne sait si nous serons encore là demain... Nos enfants sont ce que nous avons de plus précieux et nous sommes pour eux ce qu'ils ont de plus important... L'importance de notre présence auprès d'eux est bien plus grande qu'on ne peut l'imaginer...

P.S. Quand Poupou fait dodo, tu peux bien nous pondre quelques niaiseries sur ton blog pour notre plus grand bonheur... Et de toute façon, tu ne fait pas qu'écrire des niaiseries, ce billet en est la preuve...

Nathalie

Zulumika said...

Vos commentaires sont commes la grosse couverture patchwork de grand-maman dans laquelle on s'enrobe devant le feu de foyer par un samdi soir de janvier.
Merci. Cheers!

Carotte Rose said...

My God! Je ne savais même pas que tu avais eu un cancer... Je ne sais pas quoi dire...

Prends soin de toi même si tout va bien.

xxx

Mère-poule said...

eille toi la ... Il faut que tu sois là encore ... On a pas un souper ensemble bientôt?

Bon lachez les rumeurs là ... Nos conjoints sont là là là ...

ahhh les mauvaises langues ;D...

Non mais sans blague ... Heureuse que cette histoire se termine bien !


Take Care
XXX